L'histoire de Martin

Christian Fredrich Martin

 

 

En 1796 Christian Fredrich Martin nacquit en Allemagne. Son pére était luthier et possédait une échoppe de guitare oú se vendait plutôt bien ses créations personnelles. Christian Fredrich grandit au sein d'une famille et d'une époque relativement calme et agréable. Poussé par son pére étant enfant, Christian apprit le violon et la guitare. Homme orchestre ( ou plutôt garçon orchestre ) il se prit de passion pour la musique. Devenu mûr ( vers l'age de quinze ans ) le jeune Christian entama un apprentissage de luthier avec comme professeur son propre père. Immédiatement la lutherie lui plut, ce qui le décida à devenir luthier professionnel. Aprés quelques années d'apprentissage en Bavière, Christian ( ayant atteint sa majorité ) désirait encore étoffer ses connaissances en lutherie. Ce désir le poussa à quitter son pays natal pour devenir l'apprenti luthier du maitre luthier Johann Stauffer à Vienne en Autriche en 1820. Johann Staufer était un luthier renommé en Autriche car grâce à ces nombreuses connaissances il avait produit dans sa cariérre des instruments de trés bonnes qualités. Grâce à Stauffer, Christian acquérra de nouvelles compétences et se dota d'une solide expérience. A cette époque il fabriqua principalement des violons qui, bien que n'égalant pas les productions du maitre Stauffer, furent appréciés pour leur qualités accoustiques par les viennois. Aprés avoir commencé par produire des violons, Martin voulut se consacrer à la construction de guitare. C'est alors qu'il fut la victime de multiples vexations infligées par la toute puissante guilde autrichienne de constructeurs de violon qui considérait la guitare avec condescendance. Ce sont ces pressions qui motivérent Christian Fredrich a quitter l'Europe pour aller s'installer au Etats-Unis. Pour lui ce pays consistait en une terre vierge, trés propice à son activité. Comme de nombreux autres migrants européens Christian Fredrich Martin embarqua, la peur au ventre, dans un bateau de transport l'acheminant au Etats-Unis, connu à l'époque comme un eldorado florissant.

C'est ainsi qu'il arriva à New-York en 1833, il était alors agé de 37 ans. Dés son arrivé Martin mit tout en oeuvre pour mener à bien son projet. Il créa sa premiére échoppe d'instrument à corde en 1833 à Hudson Street, New-York. Christian y produit des guitares, des violons, des mandolines et des banjos mais nous allons nous concentrer sur sa production de guitare. Son échoppe lui servait d'atelier de production oú il réalisait des expérimentations afin d'établir des modéles valables et oú il commercialisait ses créations instrumentales. Ses premiers modéles étaient trés inspirés des meilleurs créations de son ancien patron Stauffer, comme par exemple la tête de la guitare qui était quasiment similaire à celle produite par Stauffer. Ils étaient également trés semblables les uns aux autres. Les courbes du corps étaient sinueuses, le corps était large et long pour l'époque, le dos était toujours plat, la caisse de résonnance était profonde, le chevalet était en bois ( de forme rectangulaire, agrémenté de pyramide sur les cotés ou à moustache ) placé en bas de la table d'harmonie et Christian Fredrich apposait toujours un cachet sur le dos prés du manche ( tout au long de la production un cachet fut de la même maniére rajouté aux instruments Martin ) . La caisse mesurait 43 centimétres de long et 29 centimétres de largeur. Elle était le plus souvent construite en sapin. Le manche était long et large pour l'époque. Il possédait 18 frettes sur la touche qui rejoignait la table à la 12éme frettes. La tête était courbée et couverte d'une plaque de métal ornementée. Les mécaniques était disposées les unes à la suite des autres. A l'époque des premiéres Martin, Antonio Torres n'avait pas encore instauré les bases de la guitare classique. C'était donc à partir du modéle de la guitare romantique que Christian Fredrich construisait ses guitares. Les caractéristiques précedemment citées constituaient des innovations techniques trouvées par Martin. En appliquant ces innovations au concept de la guitare romantique Martin créa la guitare folk. Ces guitares produites par l'Allemand profitaient d'un volume sonore accru, de qualités musicales importantes, d'une robustesse intéressante et d'une trés belle esthétique. Le luthier produisait donc des guitares trés singulières et de trés haut rang. Ce sont ces différentes qualités qui permirent à Martin de rencontrer un important succés à New-York. Toutes ses productions furent facilement vendues. Cette réussite décida Martin à rester au Etats-Unis et il entama alors de sérieux efforts d'intégration. Il anglicisa son nom pour Christian Frederick Martin, apprit l'anglais et rencontra de nombreux américains avec qui il se lia d'amitié. Martin était donc arrivé à batir une solide échoppe destinée à se développer. Malgré ces douces réalités Christian n'était pas trés à l'aise à New-York. C'est pourquoi aprés six ans de bonne activité, suivant les conseils de différents compratriotes, il décida de s'installer dans les collines de Pennsylvanie septentrionale, région dont les splendides paysages ressemblaient à ceux de sa Saxe Natale.

 

Voici un des premiers modéle construit par CF Martin à New-York :

 


 

 

Il s'installa alors dans la petite ville de Nazareth en 1838. Là il créa un petit atelier de production, plus grand que son échope New-Yorkaise, qui abrite aujourd'hui une grosse usine de production de la firme Martin. Dans les premiéres années le luthier ne fit que trés peu évoluer ses guitares. Il se contenta d'améliorer la qualité de ses matériaux, par de meilleurs achats, et d'enrichir la décoration de ses modèles. En 1940 Martin découvra les désirs des musiciens de la région. Ces derniers majoritairement blancs et protestants, étaient des gens modestes, laborieux et pragmatiques, peu en lien avec le faste et la prodigalité des guitares de l'époque de Martin. Il dut alors changer son fusil d'épaule pour plaire à la demande. Il se résout alors à simplifier ces instruments. Cela lui permit de consacrer plus de temps à soigner leur réalisation. Le goút pour la simplicité et la perfection fut unaniment respecté par tous les prochains luthiers de la marque. Ces signes distinctifs ce retrouvèrent sur toutes les guitares de la firme. C'est à ce moment de sa carrière que Christian Frederick insuffla les plus importantes innovations à ces guitares. Martin n'adopta plus que les chevalets rectangulaires, adopta des têtes rectangulaires ayant le même système d'attache de corde que les guitares classique, réduit au strict minimum les décorations, augmenta toutes les dimensions de ses guitares et ressera la taille des instruments. Ces modifications eurent pour effet d'accroitre le volume sonore car la table détenait plus de superficie, d'augmenter la qualité des guitares, d'augmenter la robustesse du corps, de faciliter les vibrations de la table et d'embellir les instruments. En plus de ces innovations Martin instaura un nouveau principe de barrage ingénieux, porteur de nombreuses améliorations. Ce nouveau barrage fut nommé barrage en X. Il consistait en un barrage principal composé de deux barres de bois croisées entre la rosace et le chevalet ( ce qui donna le nom de barrage en X ) , auquel s'ajoutait des barrages secondaires placés le plus souvent de façon empirique afin de permettre à la table d'harmonie d'exprimer au maximum son potentiel sonore. Quant a eux, les barrages principaux permettaient à la table de posséder une plus grande surface de vibration car ces derniéres circulaient plus facilement. Ce barrage eut aussi pour conséquence de permettre à la table d'harmonie de supporter une forte charge provenant des cordes en vibration. Au niveau du chevalet une piéce de bois percée de six trous fut rajoutée en dessous de la jonction du X afin de renforcer encore la table et le chevalet. Cette piéce de bois fut appelée la plaque de chevalet. Quand les cordes en acier furent généralisées en 1930 le barrage en X prit tous son sens étant donné qu'il s'avera terriblement efficace en offrant un trés bon compromis entre la solidité requise de la table et le besoin de liberté de vibration de cette derniére. Toutes ces innovations furent inventées entre 1840 et 1850 par Martin. Ce court laps de temps montre que le luthier était trés brillant. Les guitares dotées de ces innovations étaient parmis les meilleurs du monde. Par la suite tous les constructeurs ainsi que toutes les équipes de Martin utilisèrent ces principes qui devinrent universel. Elles furent les bases de construction des guitares folk. De ce fait Christian Frederick Martin fut une personnalité majeur de l'histoire de la guitare. Espinel inventa la guitare romantique, Torres inventa la guitare classique et Martin inventa la guitare folk. Il est a noté que ce sont ces innovations qui procurérent l'immense succés de Martin jusqu'à aujourd'hui. La trés grande qualité de ses guitares permirent à Martin de vendre en continu l'ensemble de sa production, de s'enrichir et de gagner fortement en notoriété. Dés 1852 , l'entreprise proposa un catalogue contenant un vaste choix de trés bonne guitare dans des tailles standarts de 0 à 5, paradoxalement du plus gros au plus petit. Ce catalogue connut un trés grand succés et Martin devint dés lors une entreprise importante au Etats-Unis, trés riche et leader de son marché. Profitant de la croissance économique du pays, du développement permanent de nouveaux marchés, de l'avènément du chemin de fer, de la qualité de sa production et de ses ressources financières Christian Frederick prit la décision d'étendre le champ d'action de son entreprise à l'intégralité du territoire national. Ses qualités de manager lui permirent d'établir un réseau de distribution trés étendu, présent dans de nombreux Etats américains, et de bonne qualité. L'entreprise devint alors une entreprise nationale. Christian Frederick Martin a construit un empire de la guitare, qui ne cessa de s'accroitre par la suite et qui marqua considérablement la lutherie moderne. Il légua son entreprise à son fils à sa mort en 1873. Les bases de lutherie qu'imposa Martin furent l'augmentation des dimensions de tous les composants de la guitare, le placement plus haut du chevalet, la limitation des décorations, l'augmentation des courbes du corps, l'affinement de la taille et le renforcement des barrages.

 

Voici à gauche deux beaux modéles construits par CF Martin à Nazareth et à droite le systéme de barrage en X :

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Christian Frederick Martin Junior, le fils de Christian Frederick Martin, nacquit le 2 Octobre 1825 à Vienne, à l'époque ou son père était apprenti luthier chez Johann Stauffer. En 1833 et en 1838, Matin Junior suivit les migrations géographiques de son illustre père. Il lui succéda en 1873 et dirigea l'entreprise familiale jusqu'en 1888. Il ne joua q'un rôle minime dans le développement global de Martin. Il se contenta de commercialiser les produits de son père et ne créa que quelques modéles pas véritablement innovants. Néanmoins l'entreprise continua à s'accroitre. Junior mourut en 1888. Il laissa sa place de dirgeant à son fils Frank Henry Martin. Entre 1833 et 1888 l'entreprise Martin a produit 8000 instruments à cordes d'aprés les registres des usines de la marque.

 

Christian Frederick Martin Junior

 

 

 

Frank Henry Martin nacquit le 14 Octobre 1866 à Nazareth. Trés jeune, à l'âge de 22 ans, il dut prendre en charge la direction de l'entreprise. Malgré sa jeunesse, le nouveau dirigeant joua un role considérable dans le développement de la célébre marque. Il fut notamment l'initiateur de modéles mythiques et l'éclaireur de directions qui furent trés péreinnes à l'entreprise. Au début de sa direction le marché de la musique était peu favorable à la guitare mais profitable à la mandoline et au banjo. Pour palier ce manque à gagner, Frank Henry décida d'augmenter la production de mandoline. Ainsi de nouveaux modéles de mandoline firent leur appariton. Bien que de mauvaise qualité ces instruments connurent un franc succés. Cette stratégie eut pour effet d'éviter la déaffection du marché pour la guitare. Cette orientation déplut au distributeur de toujours, Zoebisch, qui arreta en conséquence son partenariat avec Martin. L'entreprise distribua désormais ses produits directement aux détaillants à partir de 1898. Ce nouveau moyen de distribution, en canal direct, permit à l'entreprise de posséder un plus grand controle de ses affaires. En 1902 la firme proposa le modéle 000 qui avec une taille de 15 pouces possédait un volume sonore important. Ce modéle censé attirer les mandolinistes fut un échec commercial important. En 1920, la généralisation des cordes en acier lui permirent d'utiliser l'ensemble de ces qualités. Elle connut dés lors un trés grand succés. A partir de 1904, en imitation des guitares de Washburn, Martin prit le parti prix de proposer des guitares beaucoup plus décorées. Les guitares Martin détenaient alors un filet de nacre autour de la table, de la rosace, de la touche et de la tête. Cette ligne d'instrument haut de gamme, baptisée 45, reste aujourd'hui la plus décorée de toute les gammes Martin. Il a fallu attendre pour la marque les années 1920, année d'opulence américaine, pour qu'une clientèle riche commence véritablement à utiliser ces modéles. La crise de 1929 tend rapidement à faire baisser l'affluence de clients pour cette gamme. La conjoncture du marché fit tendre Martin à produire en majorité des guitares de gros volume car en apportant un gros volume sonore elle se présentaient comme des produits de substitution au banjo et à la mandoline. En 1920 Frank Martin décida d'introduire l'acajou dans la construction des tables d'harmonie. Cette essence de bois améliora considérablement la brillance et l'équilibre de la guitare. Toujours dans l'objectif de dévier les musiciens du banjo et de la mandoline Martin a produit, à cette époque, une large gamme de guitare munie d'un manche étroit, d'un diapason plus long et de 14 cases hors caisse baptisée OM, abrevation de Orchestra Model. Cette gamme connut un large succés et attira en masse des banjoistes et des mandolinistes. Le produit est encore proposé aujourd'hui pour le plus grand plaisir des guitaristes et celui du portefeuille des vendeurs. A partir de 1930 le banjo et la mandoline perdérent progressivement des parts de marché au profit de la guitare. A la suite de la gamme Orchestra Model, Frank Henry lanca une innovation qui marqua l'existence de la guitare folk. Le luthier s'inspira d'un prototype crée en trés petite quantité dans l'usine de Boston en 1916 par ses luthiers pour créer le premier modéle de Dreadnought en 1931. Le terme Dreadnought provient du nom de famille d'un cuirassé de la premiére guerre mondiale. Ces guitares étaient larges et longues, avaient des épaules carrées, des courbes plus rectilignes et un petit manche de 12 cases. Immédiatement le succés commercial fut important. En 1934 Martin sorta la D-18, la D-28 et la D-45. Cette fois les Dreadnought possédaient un manche de 14 cases. Le succés fut encore au rendez-vous. Ces Dreadnought devinrent rapidement des modèles du genre pour les constructeurs qui en masse se mirent à produire ce type de guitare. La force des Dreadnought reposait dans leur imposantes dimensions et leur systéme de barrage en X. En effet la croisé du X étant située trés prés de la rosace, la table d'harmonie, déja trés volumineuse, fut dotée d'une capacité de vibration quasiment jamais égalée. Malheureusement les dimensions rendirent l'instrument fragile malgré la force du barrage. Cela obligea les luthiers a baissé le niveau du X ce qui altéra le volume sonore. En 1945, Frank Henry Martin était trop âgé pour continuer son activité, ce qui le poussa à démissionner. Il donna alors les rénes de son entreprise à son fils, Christian Frederick Martin 3. Il mourut trois ans plus tard en 1948 à l'age de 82 ans.

 

Voici à gauche la photographie de Frank Henry Martin, au centre quatres modéles de la gamme des 0, 00, 000, OM et à droite trois modéles de Dreadnought :

 

                                   

 

 

 

Christian Frederick Martin 3 et son fils Frank Herbert Martin prirent ensemble la direction de l'entreprise de 1945 à 1970. C'est le pére qui nomma le fils à ses cotés. Cette période fut la plus productive de Martin. L'entreprise continua à s'enrichir et à produire de nouveaux modèles mais la qualité de leur guitares baissa drastiquement. Cette perte de qualité a plusieurs raisons. La premiére est que le besoin de robustesse des guitares, auquel se confronta Martin à l'époque, a induit indéniablement une perte de qualité. La deuxiéme raison est que les années soixante, à cause du developpement important de la musique folk et du rock, obligérent Martin à produire en trés grosse quantité. Cette sur production a nui à la qualité. La derniére raison est que la rareté des bois précédemment utilisé par la firme obligea Martin à changer les matéraiux de ses guitares. Les nouvelles essences de bois de moins bonne qualité firent baiser directement celle des guitares.

 

Christian Frederick Martin 3

 

 

En 150 ans Martin améliora sans cesse la guitare et ne fit que croitre. Leur production fut de tous temps les meilleurs du Monde. A la base une petite échope Martin est maintenant une firme multinationale, active sur tous les continents. En 2004 Martin a produi son millioniéme instruments de musique. L'entreprise est familiale. Tous les descendant du créateur dévelopérent la marque. Martin inventa la guitare folk et instaura de trés bons principes de lutherie utilisés dés lors par de nombreux constructeurs. Son influence est donc énorme et sa présence est trés forte dans le monde de la guitare. Elle est une des plus vieille marque de guitare et fait partie des plus connus au Monde.

 

Dreadnought produite pour le 150 éme anniversaire de la marque

 

 

 

 

 

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